Cours particuliers (Gay) [Terminée]

Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 19:18



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On est à peine sortis de la salle que je me retrouve plaqué contre le mur, la bouche de ce mec collée à ma peau.

      C’est quoi ton nom au fait ?

      On s’en fiche.

C’est vrai quoi ? Pourquoi il aurait besoin de mon nom pour me toucher ?

 

            Il me tient les poignets d’une main contre le mur tout en continuant son exploration de l’autre et déposant le bout de sa langue dans le creux de mon cou. Il croit qu’il est le maître du jeu ? Très bien. Seulement, il ne sait pas que c’est toujours moi qui contrôle la situation. Il croira ce qu’il veut jusqu’à ce que j’en décide autrement. Il a beau passer ses doigts sur des endroits plutôt sensibles, ça ne me fait rien. J’arrive même pas à bander. Il s’amuse un moment avec mes tétons qui ne répondent même pas présents et lève la tête pour me regarder. J’ai les yeux perdus dans le vague, devant moi, dans l’obscurité de la ruelle d’où s’échappent des gémissements plus qu’équivoques. Rien que ça aurait suffit à m’exciter en temps normal. Mais, rien que de savoir que c’est lui qui me touche, rien ne marche comme prévu. Il fait glisser ses mains sur mes hanches et commence à déboutonner mon jean. Il passe sa main sur mon boxer et se rend bien compte que quelque chose ne va pas.

      Qu’est-ce qui t’arrive ?

Je consens à baisser les yeux sur lui et lui répond d’un regard vide. Je peux pas faire mieux.  Ce mec ne m’évoque rien de sensuel, rien d’excitant. C’est pas faute d’avoir essayé pourtant.

      Je vais arranger ça. Dit-il finalement avec un sourire que je n’arrive plus à définir.

Satisfait ? Pervers ? Lubrique ? Qu’est-ce que ça change ? J’espère au moins que je ne deviens pas impuissant. Ça serait vraiment pas le pied, sans mauvais jeu de mot.

            Il passe ses doigts sous mon boxer et commence à ouvrir la fermeture éclaire de ma braguette quand on me tire violement en arrière. L’odeur de sa peau envahit si rapidement mon système nerveux que j’ai de plus en plus de mal à me contrôler.

      Je peux savoir à quoi tu joues ? Rugit une voix grave et sensuelle.

Ça m’étonnerait qu’il ait voulu avoir l’air sensuel mais, je peux vous dire que ma trique a montré le bout de son nez quand on avait plus vraiment besoin d’elle !

      Pardon ? Je peux savoir de quoi tu te mêles ? Je lui réponds.

      Qu’est-ce que tu fous Matthew ? Se réveille le gars qui est toujours à genoux par terre.

Il me ferait presque pitié comme ça.

      C’est mon élève !

      Mais, il m’a dit qu’il était majeur ! Proteste le type.

      Oh oui, il l’est. Peut-être en années mais, en mentalité, c’est autre chose.

      Bon tu me lâches maintenant ?! Je m’énerve.

Moi qui croyais qu’il n’était pas ici, c’est une sacrée surprise ! Ce que j’aime le plus c’est qu’il soit en colère. Pour quoi ? J’en sais rien mais, j’ai la nette impression que c’est à cause de ce qui vient de se passer.

      T’as quel âge pour te laisser entrainer par le bout de la bite ?

      T’as quel âge pour rester frustré sexuellement alors que t’as des mecs qui te courent après ? Je réplique en coulant un regard au mec dont je ne connais toujours pas le nom et dont je me fous royalement.

Il grogne vaguement quelque chose qui ressemble à une remarque sur les jeunes et l’insolence ou quelque chose dans ce goût là, quand la porte de la boîte s’ouvre à la volée, laissant sortir Kay qui nous trouve tous les trois, moi contre le mur, Matthew me tenant fermement par le col de mon tee-shirt, le jean ouvert et l’érection plutôt évidente, et son copain, toujours à genoux par terre.

      Je te cherchais… Lâcha-t-il lentement.

Il nous jauge du regard un moment, passant de l’un à l’autre, essayant de comprendre ce qui peut bien se passer.

      Vous vous amusez bien ? Une partouze et j’suis même pas invité. Je suis vexé là…

Je vois Matthew ouvrir de grands yeux et son copain, bien imbibé, essayer vaguement de se relever tandis que j’essaye de retenir mon fou rire. C’est surement pas le moment de faire enrager encore plus Matthew mais, Kay a le don de sortir des conneries toujours aux bons moments ! Quoique… énerver Matthew n’est peut-être pas une si mauvaise idée au final ! Sous la colère, les gens sont plus impulsifs en général…

            Il finit par secouer la tête et me relâcher un peu. Il me regarde me bidonner avant de secouer la tête une fois de plus. C’est sûr que ça doit pas être évident d’être entouré d’imbéciles…

      Bon, ça suffit. Toi je te ramène. T’as assez bu comme ça.

Il ferait mieux de dire ça à son pote qui vient de se relever mais, qui a passé presque un quart d’heure à genoux. Parce que, pour ma part, j’ai pas avalé une seule goutte pour une fois ! Mais, le laisser croire que je suis plutôt joyeux ne fera de mal à personne. Je prend quand même quelques secondes pour remettre mon jean comme il faut mais, il ne me laisse même pas le temps de protester qu’il a déjà attrapé mon bras et tiré en direction de la sortie. La seule chose que je vois avant de partir de force, est le regard abattu de Kay et ce dernier qui s’approche du mec pour savoir s’il va bien. Matthew me jette sur le siège passager de sa voiture sans plus de cérémonie et referme la portière sur moi avant que j’ai eu le temps d’esquisser le moindre geste. Il démarre et commence à grommeler dans sa barbe. C’est que ça a dû vachement l’énerver pour qu’il soit dans cet état là !

      C’est quoi ton problème ?

      Quel est le tien ? Il me répond, les mains crispées sur le volant.

      Pourquoi tu t’énerves comme ça ? J’ai même plus le droit de m’envoyer en l’air maintenant ?

      T’es conscient des risques que tu prends au moins ?

      Alors c’est ça qui t’énerves ? Que je me fasse baiser sans capote et que j’attrape le sida avant d’avoir trente ans ?

Il arrête la voiture devant notre immeuble et descend de voiture en grognant. C’est qu’il est doué ce soir en grognements. J’espère qu’il sera moins grognon tout à l’heure dans mon appart’. Forcément qu’il le sera moins vu que je le ferais grimper aux rideaux ! Je sors à mon tour du véhicule et le rejoins devant la porte en plexiglas de l’immeuble. On commence à monter les marches menant à nos appartements et je fais mon possible pour me mettre à sa hauteur.

      A moins que ce soit le fait que je saute un mec qui ne soit pas toi ?

      Pardon ?

      C’est ça qui t’énerve tant ?

      Je vois pas pourquoi tu dis ça. C’est l’alcool qui te fait dire n’importe quoi !

      Je te rappelle qu’hier c’est pas MOI qui t’ai jeté dehors !

      Rentre chez toi et dessaoule ! S’exclame-t-il devant ma porte.

      Je crois que mes clés sont dans la poche arrière de mon jean… Je murmure lentement.

      Et tu peux pas les prendre tout seul ? S’agace-t-il.

Je lui renvois un regard impuissant qui lui fait comprendre que je suis sans doute trop ivre pour attraper quoique ce soit. En soupirant d’agacement, il finit par se pencher sur moi et passer ses mains dans mon dos pour aller chercher ces fameuses clés. Je vous avais bien dit que faire semblant d’être beurré avait du bon ! Par contre, lui, il en a avalé un peu quand même. Je ne pourrais dire quelle quantité (pas beaucoup surement, le connaissant… ) mais, tandis qu’il se penche vers moi et que son torse entre en douce collision avec le mien, je sens l’odeur suave de sa peau mélangée à celle de son after shave mentholé me chatouiller les narines mais, aujourd’hui il y flotte une légère pointe alcoolisée. En attendant, je peux vous dire que je ne suis absolument pas impuissant ! C’est juste le mec de tout à l’heure qui ne me faisait aucun effet. Parce que là, rien qu’en le sentant si proche de moi, mes sens se sont réveillés et la bête aussi…

            Il passe sa main dans ma poche gauche et je sens mon corps se contracter, j’essaye de faire en sorte que ce soit le plus discret possible, ce qui n’est pas si facile quand on a l’objet de ses désirs presque collé à soi ! Il se relève un peu en grommelant qu’ « il n’y a rien dans cette foutue poche » et je retiens le sourire qui a faillit trahir que l’état dans lequel j’étais n’était en aucun cas dû à une trop forte ration alcoolisée. Je lui murmure que c’est dans l’autre qu’il les trouvera et il grogne une fois de plus avant de plonger à nouveau son nez dans mon cou pour aller chercher mon trousseau dans ma seconde poche d’où il le sort, presque soulagé. Soulagé de quoi ? De ne plus être si près de moi ? Ou d’avoir enfin échappé à la tentation ? Ça serait plus de cet ordre là à mon avis vu ses mains tremblantes. Mais dans ce cas là, il n’est pas au bout de ses peines !

            Je passe derrière lui sans qu’il s’en aperçoive au moment où il retire les clés de la porte qu’il a enfin réussi à ouvrir, et passe mes mains sur son ventre plat avant de l’entrainer à l’intérieur. Il n’a tellement pas eu le temps de se préparer à ça qu’il ne pense même pas à résister et nous échouons dans mon salon après que mon pied ait refermé la porte d’entrée. Je le pousse sur le canapé sans ménagement et il n’a même pas l’air de comprendre ce qui se passe. Je m’assois à califourchon sur lui, passe mes mains dans sa nuque et me penche pour l’embrasser. Mes lèvres descendent d’elles-mêmes dans son cou et le dévorent d’un millier de baisers brûlants. 

      Qu… qu’est-ce que tu fais Kurt ?

      Ça se voit non ? Je m’apprête à te faire l’amour et te faire hurler comme tu ne l’as jamais fait.

      C’est l’alcool qui parle, arrête tes conneries…

C’est avec des protestations si faibles qu’il essaye de me convaincre ?

      T’y crois pas toi-même. Et puis, j’ai pas bu une seule goutte d’alcool cette nuit.

      Mais tes clés…

J’arrête mes caresses un instant, relève la tête et plonge mes yeux dans les siens. Moqueurs. Il observe mes pupilles un moment avant de comprendre. Ses joues prennent une jolie teinte rosée. C’est bizarre. Jamais je ne l’aurais imaginé rougir. Il me paraît bien trop sûr de lui pour ça. Et pourtant… Anticipant sa réaction qui risque d’être plus que violente, je préfère prendre les devants et le faire tomber plus facilement dans mes filets, plutôt que devoir me battre avec sa colère. Je passe mes mains sous son tee-shirt et titille ses tétons durcis du bout des ongles ce qui a le mérite de le faire frémir.

      Kurt, c’est pas…

Mes doigts courent le long de son torse très bien sculpté.

      J’avais envie de baiser ce soir…

Je lui enlève ce morceau de tissus qui me gêne dans mes mouvements et déboucle sa ceinture laissant ma phrase en suspens.

      A cause de ma frustration d’hier soir…

Ma bouche glisse le long de sa mâchoire pour descendre dans son cou et atteindre ses muscles dessinés à la perfection. Ni trop, ni pas assez. Comme j’aime. Je déteste ceux qui passent leur vie dans les salons de musculation à se dessiner d’immenses pectoraux et autres biceps, croyant que ça plaira aux spectateurs qui les regardent. Y a rien de pire qu’un corps trop musclé. C’est laid. Ça dépasse de partout et c’est même pas confortable !

      A cause de toi en fait…

Je sens ses mains monter sur mon dos et un frisson me parcours l’échine. Il commence à céder.

      Et tu m’as forcé d’abandonner mon coup de ce soir.

Son odeur me fait tourner la tête.

      Alors, tu vas devoir le remplacer… Je souffle dans un murmure inaudible.

Je me sens si bien dans ses bras que j’en oublie où je suis. Je voudrais rester comme ça si longtemps ! Il se fait moins rigide et se détend. Mon dos est devenu le support de la création artistique de ses doigts fins. J’ai l’impression d’être une toile où le peintre exprime la kyrielle de sentiments qui l’agitent. Ma peau s’électrifie à chaque endroit où il se pose. Finalement, lui non plus n’arrive pas à résister au désir qui nous assaille. Je ne suis pas le seul à être faible face à mes pulsions. Etrangement, ça me rassure. J’avais peur d’être le seul qui ne pouvait pas garder son sang froid dans ce genre de moment. Mais, nous ne sommes que des hommes…

            Ses douces lèvres dessinent lentement de sensuelles arabesques sur le haut de mon torse, descendant toujours plus bas. En se posant sur un bout de chair rose tendu, sa langue me fait me cambrer involontairement. Mes sensations commencent à prendre le dessus. Il me fait perdre la tête. Ses deux mains plaquées dans mon dos, il se tourne vers la droite et m’allonge sur le sofa, se plaçant au dessus de moi en faisant courir ses mains voluptueusement sur mon corps tandis que sa bouche explore les détails de ma peau. Ses caresses me font tourner la tête. J’en oublie presque qu’il a volontairement pris la place de « dominant ». Ce que lui oublie en revanche, c’est que c’est toujours moi qui gère la situation. En tout temps. Même pendant le sexe. Mon jean vole je ne sais où, et, à vrai dire, je m’en contre fout. Sa langue court lascivement sur mon torse qui frémit et n’attend que ça. Je ne peux retenir mes gémissements qui se font de plus en plus aigus. Et c’est moi qui ai promis de le faire grimper aux rideaux ? Les doigts de l’artiste continuent leur œuvre mais, je me redresse brusquement, faisant basculer son corps en arrière et inversant les rôles. Il faut qu’il se rappelle qui est le dominant dans l’histoire ! Je ne suis pas du genre à me faire prendre ! Ça paraît peut-être ahurissant mais, j’ai besoin de me savoir « plus fort », en toutes circonstances.

            Son pantalon n’est plus qu’un lointain souvenir ainsi que son boxer et, je découvre son sexe plus que tendu. C’est que ça doit lui faire mal quand même à ce niveau là. Je suis plutôt assez sadique dans mon genre mais, là, j’hésite. Je n’ai pas le temps de réfléchir qu’une main fraiche a déjà pris possession du mien. Je ne sais même pas comment il m’a enlevé mon boxer sans que je ne m’en aperçoive. Mais, là n’est pas la question. Les sensations les plus délicieuses envahissent mon organisme, qui se contorsionne de lui-même sous les assauts voluptueux des mains habiles de l’homme, reconverti en artiste peintre le temps d’une nuit. Sans savoir comment, nos corps basculent du canapé et tombent sur la moquette au pied de celui-ci mais, aucun de nous deux ne s’en préoccupe. Les seules choses qui m’importent à ce moment là sont, les émotions sensationnelles qui me traversent et m’empêchent de réfléchir correctement et le fait qu’il soit repassé au dessus de moi. Cette bataille ridicule ne va quand même pas durer toute la nuit. Je ne serais jamais soumis à quiconque. Et ça, il va bien falloir qu’il le comprenne. Je me baisse alors lentement. J’atteins son ventre, que je couvre de baisers pressants et impatients, descendant toujours plus bas avant d’arriver à la partie la plus sensible de son anatomie et de jouer avec le bout de ma langue pour le faire gémir. D’ailleurs celui qui s’échappe de sa gorge est rauque mais est-ce un gémissement de plaisir ou de frustration ? Il veut plus. Comme tout le monde. Je lui donne mais, au compte goutte. Il aime mais veut plus et plus rapidement. Je le prends en bouche finalement et commence de lascifs va-et-vient qui le font se cambrer et m’offrent une possibilité de repasser en maître de la situation.  Se faire passer pour soumis afin de repasser dominateur. Je suis plutôt doué pour faire croire aux gens qu’ils ont ce qu’ils veulent jusqu’à ce que je décide d’y mettre un terme. Il gémit de plus en plus fort et je ralentis mes caresses. Je ne veux pas qu’il jouisse maintenant. Tout en lui procurant du plaisir, j’humidifie un de mes doigts et passe ma main sous lui pour entrer en lui. Il se cambre violement et ouvre les yeux en grand en ayant énormément de mal à protester à cause des vagues de plaisir que je lui offre. Il n’est pas si étroit que je l’aurais cru. Il ne doit sans doute plus être vierge de ce côté-là. Alors pourquoi est-ce qu’il se débattait autant pour ne pas être soumis ?

      Kurt… Gémit-il faiblement.

Il se redresse soudain, m’attrape par les hanches et me pose sur le canapé et m’embrasse violement. Un baiser sauvage et passionné qui nous secoue tous les deux. Je bascule de nouveau mon corps en avant pour avoir le contrôle et, il se laisse faire sans aucune résistance. Il a surement enfin compris qu’il n’aurait jamais le privilège de me prendre. Il s’offre à moi et, moi, n’en pouvant plus, je plonge en lui en un cri d’extase dans lequel il me rejoint aussitôt. Nos mouvements se font plus rapides et violents au fur et à mesure, nous emmenant rapidement vers les sommets du plaisir dans un ultime cri de satisfaction.

            Je me laisse doucement retomber sur le torse de mon amant, un sourire de contentement aux lèvres, sans même me préoccuper du sperme qui a coulé sur son ventre. Il enroule son bras autour de ma taille en soupirant et je niche ma tête dans le creux de son cou, apaisé. Je me sens tellement bien, contre lui, dans la chaleur de ses bras que je m’endors après avoir senti la légère caresse de ses lèvres sur mon front.

Par Deadly - Publié dans : Cours particuliers (Gay) [Terminée] - Communauté : Lawful Drug
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Samedi 7 novembre 6 07 /11 /Nov 16:36



 

 

 

La porte qui claque me réveille en sursaut. Je fais un bond et manque de dégringoler du canapé. Je ne m’attendais pas à un réveil si brutal. Attendez… canapé ? Je me redresse vivement, des restes brumeux de sommeil obstruant encore ma vision. La couverture en laine glisse sur moi et Kay entre dans le salon à ce moment là.  J’ai même pas eu le temps de bouger.

      Qu’est-ce que tu fous à poil sur le canapé ?

On peut toujours compter sur Kay et son tact légendaire…

      T’étais où ?

Comment esquiver les questions gênantes par Kurt Jensen !

      Hum… avec un mec.

      Ah.

Qu’est-ce que vous voulez que je réponde à ça ? Il a bien le droit de s’amuser aussi non ? Et puis, ça m’aurait bien emmerdé s’il était rentré hier soir…

            Je regarde distraitement ma montre. Je bloque au moins trente secondes sur les aiguilles. Oui, c’est long mais, faut pas m’en vouloir, je suis encore dans la brume. Huit heures et quart. Et merde ! Je suis encore en retard ! Je me lève et m’enroule dans ma couette. Je hais la laine. Ça gratte et c’est très désagréable. Faut que j’aille prendre une douche moi.  J’atteins la porte de la salle de bain quand j’entends Kay murmurer un truc qui ressemble à « On s’est consolés entre meilleurs amis délaissés… ». J’ai surement mal compris. En même temps, y a quand même un mur entre nous, ça empêche les sons de passer. Enfin, ça les filtre.

      Quoi ? Je hurle à travers l’appart’.

C’est les voisins du second qui vont être contents. Ils ont toujours adoré m’entendre gueuler ces abrutis.

      Non, rien.

J’hausse les épaules et entre dans la pièce pour faire couler l’eau. Kay s’adosse au chambranle et me regarde moqueur.

      Alors, t’en a fait quoi de Matthew ?

Et merde…

      Comment ça ?

      Il est où ?

      Ben… chez lui j’imagine. Comment tu veux que je le sache ? Je réplique toujours dos à lui.

Si je me retourne, il va me griller tout de suite.

      Tu lui as pas sauté dessus ?

      J’étais surement pas assez bourré pour vouloir me manger un mur. Maintenant, j’aimerais prendre ma douche, tu m’excuses. J’ajoute en refermant la porte.

Je soupire. C’était pas loin.

Mais, il a pas tort. Il est où Matthew ? Il était avec moi cette nuit non ? Ça peut pas encore être un rêve. Je me serais pas retrouvé sur le canapé tout seul. Et encore moins à poil. Alors il s’est barré comme ça ? Sans rien dire ?

D’habitude, j’aurais tout raconté à Kay mais… là, je peux pas. Je crois que j’ai envie de garder ça pour moi. Ça serait pas plutôt pour qu’il ne soit pas au courant ? Il est au courant pour chaque mec qui passe dans mon lit mais… là, ça sort pas. Je sais pas pourquoi, mais j’arrive pas à lui dire et j’ai une trouille bleue qu’il le sache. Et puis, de toute façon, même moi je sais pas ce qui va se passer maintenant. Matthew va faire quoi ? Pourquoi il s’est barré en pleine nuit ? Faire comme si il ne s’était rien passé ? Ou simple envie de café et y en avait plus dans mes placards ?

Je sors de l’eau et m’habille. Je suis encore en retard. Pour changer…

 

 

*          *

*

 

 

      Eh ben, vous êtes en avance ! Râle mon adorable prof d’espagnol.

C’est sûr qu’avec ma demi-heure de retard, on voit que je me suis dépêché…

      J’avais tellement envie de vous voir vous savez…

      Bravo Kurt, vous venez d’obtenir une visite gratuite chez le proviseur. Je suis sûre qu’il adorera vos sarcasmes.

      Avec plaisir madame.

J’attrape mes affaires et quitte la salle. En refermant la porte, je l’entends soupirer, lassée. Et moi j’aurais mieux fait de rester couché. En plus, elle a même pas pensé à me coller quelqu’un aux basques. Remarque, elle a tellement l’habitude que maintenant elle sait que ça sert à rien. Si j’ai envie de me tirer, je le fais, même avec quelqu’un dans les pattes. Je sors du lycée t passe devant sa fenêtre. Hypocrite, je lui lance un clin d’œil avant de me barrer. Provocateur, moi ? Absolument pas !

En passant, je jette un œil dans la salle des profs mais, il n’y est pas. J’ai plus qu’à attendre ce soir pour lui parler. Ou lui arracher ses fringues. En espérant qu’il soit du même avis que moi…

 

            J’entre dans mon appartement et m’aperçois du silence qui y règne. C’est assez inhabituel. Je vais me changer dans ma chambre après avoir déposé mes affaires au pied du sofa. Apparemment Kay est sorti. J’espère juste qu’il fait pas de conneries.

            Je sors rapidement en attrapant mes clés, mon pass’ de bus et un peu de liquide. Je bloque une minute devant sa porte avant de me décider à frapper. Peut-être qu’il est là. Peut-être pas. Mais, je peux bien prendre cinq minutes pour lui parler et aller la voir ensuite. Je patiente, frappe de nouveau mais, rien. Il n’est pas là. Tant pis. Je repasserais plus tard.

 

 

*          *

*

 

 

            La porte s’ouvre et un immense sourire vient illuminer son visage. Elle est contente de me voir. Elle porte une large jupe en laine épaisse et un énorme gilet recouvert d’un châle noir. Ses collants sont troués et ses chaussons fatigués. Je lui offre un sourire tendre et la prend dans mes bras. Ça me fait de la peine de la voir comme ça. Elle qui était si coquette à l’époque, se laisse maintenant aller. Pourtant, elle est encore jolie, elle pourrait très bien retrouver quelqu’un. Mais, je suis presque sûr qu’elle pense encore à lui.

      Salut maman.

      Allez entre ! Entre ! S’exclame-t-elle en me poussant joyeusement à l’intérieur.

Elle m’entraine dans le salon et me fait m’asseoir sur un des fauteuils qui s’y trouve. Je me laisse faire docilement. Si ça peut lui faire plaisir. Elle revient rapidement avec deux tasses de café et des petits gâteaux. A croire qu’elle m’attendait. Elle dépose tout sur la table basse sans quitter son sourire.

      Alors comment tu vas ?

      Bien mais, toi ? ça va mieux ?

Je lui demande ça mais, je sais pertinemment que non. Je n’ai qu’à la regarder pour le voir.

      On fait aller tu sais.

      Tu sors encore ?

      Plus tellement.

Elle ne fait plus rien. Elle se laisse tellement aller que j’en ai mal au cœur. Je suis pourtant sûr qu’elle pourrait être heureuse. Ses longs cheveux noirs et ses yeux en amande dégagent un charme certain. Sans compter sur sa douceur. Et puis, pour une femme de cinquante ans, elle est encore très bien faite. Mais, à rester sans rien faire, comme une vieille, elle va rapidement en devenir une. Bientôt elle se plaindra de ses rhumatismes. J’avise, d’un coup d’œil, son tricot posé sur le fauteuil devant la télé. De légères rides marquent son visage et ses mains commencent à se plisser. Si elle ne bouge pas, elle va vraiment devenir vieille avant l’âge. Je l’observe et remarque son regard flottant fixé sur les cadres à ma droite.

Ce connard l’a détruite en partant comme ça, sans rien dire et, elle, elle garde des photos de lui dans son salon ! Il ne lui a pas fait assez de mal comme ça ?

      C’est une bonne chose pour tout le monde qu’il se soit tiré. C’était un pur connard et un lâche ! D’ailleurs, sa fuite le montre bien ! C’était la suite logique à son comportement.

Elle pose son regard dans le mien. Elle est peinée. Si je me demandais pourquoi, je serais bien hypocrite. La vérité fait toujours plus mal que les doux mensonges qu’on se raconte. Mais, comment peut-elle encore l’attendre après toutes ces années ? Il ne reviendra jamais ! Qu’est-ce qu’elle peut encore espérer après qu’il ait fui comme un voleur ?

      Tu l’aimais ?

Question bête. Bien sûr ! Sinon elle ne serait pas restée avec lui !

      Oui. Murmure-t-elle.

J’avoue que même si je m’y attendais, j’ai énormément de mal à le concevoir. Il nous a fait tellement de mal. Je me souviens encore de ses mots blessants quand il se mettait en colère. Il n’a jamais levé la main sur nous mais, ses paroles étaient pires que ça. Elles s’enfonçaient douloureusement dans mon cœur, comme des lames, le faisant saigner plus que des coups. Je suis peut-être injuste. Il avait surement de bons côtés, sinon, jamais elle n’aurait pu l’aimer n’est-ce pas ?  Mais, à 10 ans, les seules choses qu’on se rappelle, en général, c’est ce qui nous a marqué. Et moi, ce qui m’a marqué, ce sont ses mots. Des mots que j’ai subit pendant cinq ans…

            J’ai tellement envie de lui dire d’arrêter d’espérer. Que ça ne sert à rien sauf à lui faire du mal. Mais, avant que j’ai eu le temps d’ouvrir la bouche, le téléphone me coupe. Elle me lance un regard d’excuse et décroche.

Finalement, je me demande si je devrais vraiment lui dire. Ça risquerait de lui faire plus de mal qu’autre chose. Le problème, c’est qu’il faut que je la secoue un peu sinon, elle va se laisser survivre sans rien faire. Elle me fait penser à une femme au bord d’une falaise, qui ne sais pas si elle doit sauter, ou attendre que le rocher sur lequel elle est, se décroche lui-même de la parois rocheuse avant de s’écraser violement dans les flots en contrebas. Faut qu’elle sorte de là. C’est pas une vie ça !

            Elle échange quelques mots avec son interlocuteur, en me lançant quelques coups d’œil furtifs. Elle est blême. Elle raccroche lentement et m’adresse un sourire rassurant. Seulement, j’ai compris que ça n’allait pas si bien qu’elle le prétendait.

      C’était qui ?

      Une amie. Me répond-t-elle rapidement. Un peu trop rapidement d’ailleurs…

Nous gardons le silence quelques minutes avant que je ne puisse plus retenir ma langue.

      Pourquoi tu t’attaches à ce souvenir ?

      Il m’aimait aussi tu sais.

      La belle affaire ! Et maintenant ? Il est où ? Tu crois vraiment qu’il pense encore à toi ? Je m’énerve. Ça fait quatre ans maman. J’ajoute, plus doux. Il ne reviendra pas. Je souffle.

      Il t’aimait aussi.

      Je l’ai jamais remarqué figure-toi.

Elle ne dit rien. Le silence grandit et s’installe entre nous.

      Sinon, t’as besoin de quelque chose ?

      Non, rien. Merci. Sourit-elle.

      N’hésite pas à m’appeler si tu as besoin de quoique ce soit.

 

Nous avons encore discuté pendant une heure, de tout, de rien. Evitant simplement les sujets sensibles. Je me suis finalement éclipsé pour rentrer chez moi.

      Sors. Amuse-toi. Ne reste pas à rien faire, d’accord ?

Elle hoche la tête avant de m’embrasser pour me dire au revoir.

      Viens me voir quand tu voudras.

      J’essaierais. Répond-t-elle.

Déjà 16h. A l’idée de passer deux heures dans les transports, je sens le découragement me tomber dessus avec la légèreté d’une enclume. Ça va être long. Parfois, je me demande pourquoi j’ai emménagé si loin.

 

            J’arrive près de chez moi, il fait déjà nuit. C’est pas deux heures qu’il m’a fallut mais TROIS ! « Problème de voyageur ».  Encore un connard qui s’est suicidé sur ma ligne ! Peuvent pas aller se tuer ailleurs ces abrutis au lieu d’emmerder le monde ?*  Y a tellement de façon d’en finir, mais non ! Faut qu’ils choisissent le métro ! Ça fait chier plus de monde.

Remarque, moi aussi si je devais le faire je choisirais un moyen qui emmerde le plus de gens possible…

Je passe devant le square d’un pas las et distingue une silhouette qui m’est familière.

 

 

* Je préfère préciser que ses propos sont ironiques et tenus sous la colère de Kurt. Ne vous offusquez donc pas de la façon dont il parle des suicidés.

 

 

 

 

En tout cas, je vous remercie tous de toutes ces réactions qui me font tellement plaisir ! C'est d'ailleurs pour ça que je me démène pour essayer de pas trop vous faire attendre entre deux chapitres, et si j'en poste pas durant un moment, de vous en mettre deux d'un coup =)  Vos impressions, vos délires et même vos racontages de vie (que j'adore lire soit dit en passant et auxquels je réponds volontier ) ça donne encore plus envie d'écrire, pour vous surtout {#} 

P.S : Je peux vous dire que j'ai galéré pour trouver une image qui au moins un minimum de rapport avec le chapitre ! ^^

Et encore, c'est même pas ce que je voulais 

P.P.S : J'avoue avoir eu une méga flemme de me relire bien attentivement donc, s'il y a des suggestions ou des remarques, Enjoy ! 

Par Deadly - Publié dans : Cours particuliers (Gay) [Terminée] - Communauté : Auteurs Sadiques
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Samedi 21 novembre 6 21 /11 /Nov 16:58

 

 

Hello girls ! Oui, je sais, je suis en retard {#} 

Bon, j'ai le chapitre 16 de presque fini et le 15 en cours ^^ Donc si j'ai assez de temps pour les finir et pas trop la flemme de les recopier sur l'ordi, normalement, la semaine prochaine vous devriez en avoir deux {#} 

Pour aujourd'hui on dit merci à Lilly qui m'a menacé pour que je finisse de taper ce chapitre {#} Bah ouais, parce que sinon vous l'auriez eu à la saint glinglin {#}  Flemme quand tu nous tiens... Ah vous trouvez pas vous aussi que c'est super chiant de tout recopier sur ordinateur ? Moi si ! Bref, comme j'ai pas envie de me faire martyriser, j'ai fini de le recopier {#}  Elle est pas belle la vie ?  Surtout que ce chapitre ne va pas forcément vous intéresser des masses  {#} Mais bon, y a pas que le cul dans la vie XD






 

Déliah

 

Je sors enfin de cette institution plus qu’ennuyeuse qu’on appelle lycée. J’ai toujours été plus ou moins douée en cours mais, depuis quelques temps, ça m’ennuie. Mais, je me demande si ça ne m’a pas toujours ennuyé mais, que je ne m’en aperçoive que maintenant… J’ai surtout l’impression de ne plus en avoir rien à faire. A quoi ça peut bien servir après tout ?  Je ne me suis jamais vu vivre vieille de toute façon alors pourquoi devrais-je m’intéresser à quelque chose pour lequel je n’ai plus le moindre intérêt ? Pour moi le lycée n’a plus été qu’une fastidieuse étape afin d’accéder gracieusement à la réalisation de mes rêves, à partir de mon année de seconde. Je savais déjà à ce moment là ce que je voulais faire de ma vie et rien d’autre n’importait. C’est encore le cas aujourd’hui.

Qui a besoin d’un diplôme pour faire de la musique ? Le chant est ma plus grande passion et le piano, mon plus formidable accompagnement. Passer ma vie à chanter de magnifiques mots, racontant une belle histoire sur une douce mélopée lyrique, sombrant dans l’élégie, est un rêve bien trop romantique pour le monde désabusé dans lequel nous vivons. L’art n’a plus qu’une part minime dans cette société égoïste qui ne pense plus qu’à l’argent et au profit, quelque soit le moyen de parvenir à ses fins. La beauté du monde est masquée aux gens par leur cupidité, et leur vénalité n’en est que plus apparente. Seule une minorité n’est pas aveuglée par la richesse et espère encore accéder à la perfection créative dans l’art. Mais pour combien de temps… ? N’importe quel art. Qu’importe. La beauté est présente partout pourvu qu’on y soit attentif. Mais, voyant la dégradation importante qu’a subit cette attention, qui aujourd’hui s’amoindrit de jour en jour, la lassitude prend rapidement de l’ampleur et le désespoir s’insinue sournoisement dans nos veines. Alors, à quoi bon ? Avoir une passion qui nous fait nous sentir vivant est merveilleux mais, pouvoir la vivre est encore mieux. Si personne ne s’en préoccupe peut-on réellement la vivre pleinement ? On a tous besoin d’un public. On a tous besoin de se savoir considéré, peu importe pour quoi d’ailleurs. On a tous besoin de se sentir vivre à travers le regard d’autrui. Personne ne peut dire le contraire. Ce serait un mensonge éhonté. Peut-on seulement vivre sans que personne ne se préoccupe de nous ? La solitude viendrait rapidement nous assommer de ses idées noires et la folie s’infiltrerait lentement, par la porte grande ouverte de notre tristesse accablante. Le trou noir dans notre abdomen s’agrandirait tant, pour que le vide abominable n’habitant alors que notre poitrine, s’étende à notre être entier, qu’on ne pourrait plus lutter contre cette chute inexorable qui nous entraine peu à peu vers le fond. Ce vide n’a qu’un seul point positif : c’est que quand il prend totalement possession de nous, nous arrivons au seul stade  de notre vie qui nous permette de sentir pleinement les limites de notre âme. L’étape avant la fin.

 

J’avance toujours droit devant moi, en cette fraîche fin d’après midi. Je ne sais où je vais, laissant le soin de me guider à mes jambes, qui apparemment ont l’air de savoir où elles vont. Je me repose sur leur savoir sans me poser de questions. Je laisse peu à peu mes membres prendre vie et faire ce qui leur plaît. La seule idée de rentrer « chez moi » m’étreint le cœur si fort qu’elle y laisse de douloureuses marques sanguinolentes. Le cœur en sang, l’esprit en feu et le corps tremblant, mes jambes stoppent brusquement leur douce promenade au centre du square où j’aimais passer du temps enfant. A bout de forces, je laisse mon corps s’échouer sur l’herbe fraîche et humide.

Qu’est-ce qu’un corps après tout ? Un tas de membres rattachés les uns aux autres par toutes sortes de veines et autres morceaux de chair. Alors, je laisse ces membres s’éparpiller sur le sol tandis que mes yeux scrutent le ciel à la recherche d’une des plus belles merveilles de ce monde. La nuit tombe vite en ce moment. Les glaces de l’hiver approchent à grand pas. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de choses plus magnifiques qu’un ciel de novembre à la tombée de la nuit. La chance me sourit agréablement, la lune est pleine et illumine de sa douce lueur argenté les étoiles autour. La lumière bleutée qui s’en échappe, donne un aspect surnaturel au paysage alentour. Si ce genre de chose arrive encore à me faire rêver c’est que mon cas n’est pas totalement désespéré, n’est-ce pas ? Et pourtant, ma vie est un désastre complet. Mon frère me persécute et ne parlons même pas de mes parents, leur attitude à mon égard me dépasse. Pour couronner le tout, ça va faire plus de deux semaines que Dylan ne me donne plus signe de vie. S’il veut rompre, il pourrait au moins m’en faire part au lieu de me laisser mariner toute seule dans mon coin. Ma vie se désagrège petit à petit et tout le monde s’en va, me laissant paumée sur le bord de la route. Je me sens abandonnée au moment où j’ai le plus besoin de soutien. Est-ce qu’ils ont trop peur de ma déchéance pour m’aider à en sortir ? Parfois, je me dis que lâcher prise serait sans doute la meilleure solution. Me laisser sombrer dans mon malheur. Ça me demanderait moins d’énergie. J’ai conscience que c’est la solution de facilité mais, quand vous êtes épuisée, que choisir d’autre ? De toute façon, sans force ni aide, comment parvenir à s’en sortir ? Je finirais juste par sombrer dans la tombe que je me suis creusé moi-même. Et, comme je ne vois pas qui pourrait m’aider, je ne vois pas l’utilité de cette bataille dont l’issue est condamnée à être vaine. Je n’ai plus envie de bouger. M’étendre ici me paraît plus attrayant que de rentrer retrouver ma « famille ». Ils ne se rendraient surement pas compte de ma disparition de toute façon. Trop occupés pour ça.

Je me laisse aller en arrière attendant que mon dos effleure le sol et entre en contact avec l’humidité de l’herbe mais, à la place de la surface froide et dure à laquelle je m’attendais, mon corps rencontre quelque chose de chaud et réconfortant. Je ferme les yeux et me laisser aller à son étreinte tandis que ses mains enlacent ma taille. J’ai parlé trop vite. Comme souvent. Tout le monde n’a pas disparu. Lui est là. Il est toujours là. Si je pouvais mourir entourée d’une chaleur identique à celle-ci, je ne serais pas aussi accablée. Mais, vu la tournure que prend le chemin que j’ai emprunté malgré moi, je ne me fais pas tellement d’illusions quant à la froideur qui m’enveloppera à ce moment là. Personne ne me porte d’intérêt à part lui, il faut dire aussi que je ne fais pas vraiment d’effort pour créer des liens, quelque part, ma solitude me convient, alors de quoi je me plains ? Mais, qui sait si nous nous côtoierons toujours ? Les amitiés vont et viennent et peu durent malheureusement. Serons-nous toujours aussi proches dans deux ans ? Cinq ? Dix ? Une erreur peut définitivement tout briser. Même si j’ai confiance en nous, comment prévoir ce qui nous arrivera ?

Il pose sa tête dans mon cou mais, garde le silence. Il sait que cela suffit à me réconforter. Il l’a toujours su. Je sais qu’il est là, et c’est tout ce qui compte au fond. Pour un moment en tout cas. Quand il partira, il ne me restera plus que son souvenir.

      Reste pas toute seule. Tu peux venir chez moi si tu veux.

C’est vrai que je ne devrais pas. Seule, j’ai tendance à ressasser mes idées noires et déprimer…

      Pas ce soir. Ils seraient capables d’appeler les flics et de retourner toute la ville juste pour me voir rentrer dépitée à la « maison ».

      J’imagine bien Sonia s’exciter comme une furie parce qu’elle ne te trouve pas ! S’exclama-t-il en riant.

      Ça serait bien son style à celle là. Dès qu’elle peut faire une scène, elle ne se gêne pas. J’ajoute en serrant les dents.

      Faut dire aussi qu’elle aime tellement se donner en spectacle que n’importe quel prétexte conviendrait. Je la vois bien en pleurs devant une caméra, essuyant ses yeux en expliquant que sa « fille » n’est pas rentrée de la nuit.

      Ouais, histoire de passer à la télé, parce qu’en temps normal, elle n’en aurait rien à faire. Mais qu’est-ce que mon père fait avec cette greluche ?

      Il aime les jeunes blondes stéréotypées ?

Ça, on peut le dire. Il n’y a pas seulement la couleur de ses cheveux qui est blonde.

      Au moins, ça a eu le mérite de te faire rire.

      N’empêche, s’il était plus présent, il verrait sans doute à quel point elle est stupide et la manière dont elle s’occupe de nous. A moins qu’elle ne soit là que pour qu’il puisse la sauter.

      Oh ! Pour que le vocabulaire de mad’moiselle Déliah sombre aussi bas, c’est que ça ne va vraiment pas ! Se moque-t-il.

      Hey toi ça va hein ! Je réplique en lui donnant une petite tape.

      Allez, avec un peu de chance, il s’en rendra bientôt compte et la mettra dehors.

      Et c’est toi qui me dis ça ? Je demande en souriant. T’arrive encore à être optimiste sur le sort des pères.

Je le sens se raidir instantanément dans mon dos. Je ne pensais pas que ça le toucherait autant. J’aurais sans doute mieux fait de me taire mais, d’habitude il en rit le premier. Il ne dit rien et repose sa tête dans mon cou. Je me retourne lentement et découvre son visage abattu. Je le prends dans mes bras et dépose un baiser sur son front.

      Je suis désolée, je ne pensais pas que…

      C’est rien. Je reviens juste de chez ma mère.

Je cesse lentement de l’étouffer et l’écoute.

      Elle va bien ? Je demande anxieuse.

      Pas trop. Elle se laisse aller. Ça me fait mal de la voir comme ça. Souffle-t-il.

J’imagine que je m’y attendais mais, ça me fait toujours autant de mal de savoir qu’elle n’a pas récupéré depuis cinq ans. Et de voir Kurt aller mal aussi. Mais, il y a des chagrins d’amour dont on n’arrive pas à se relever. Il y a des cas où l’amour est si fort qu’on préférerait mourir que de vivre séparés. Kurt a de la chance, sa mère n’a pas encore sauté. Malgré ce qu’il croit elle s’est quand même battue. Elle n’a pas cédé à la facilité, elle. Je devrais prendre exemple au lieu de ruminer dans l’obscurité.

      Mais, elle ne perd pas le nord quand il s’agit de toi ! Ajoute-t-il,  un sourire malicieux aux lèvres.

      Ah bon ?

      Elle espère que je ne vais pas mettre trop de temps avant de te demander ta main ! S’exclame-t-il en éclatant de rire.

      Elle a de l’espoir. Je réponds en souriant.

      Elle risque d’attendre longtemps.

      J’imagine que tu ne lui en as pas parlé depuis le temps…

      Si elle l’apprend, j’ai peur qu’elle me fasse un arrêt cardiaque. J’voudrais pas la tuer.

      N’exagère pas quand même. Elle t’aime, elle comprendra surement. Même si ça lui fera certainement un choc, elle n’en mourra pas pour si peu.

      Elle est déjà assez mal en point comme ça… je vais pas en rajouter une couche.

      Au contraire ! Elle verra que tu lui fais assez confiance pour lui confier ça !

      On a beau très bien connaître quelqu’un, on ne peut jamais prévoir sa réaction face à ça.

      Justement, qui te dit que ça ne sera pas tout le contraire de ce que tu crois ?

      Qui te dit que ce ne sera pas exactement ce que je pense ?

      Si tu n’essaye pas, tu ne le sauras jamais. Et, si tu ne lui en parle pas, sache bien qu’elle s’en ira sans avoir jamais su qui était véritablement son fils ! ça fait partie intégrante de toi ! Ce n’est pas quelque chose que tu peux occulter ! C’est juste toi ! C’est important. Surtout pour elle. Elle veut pouvoir te connaître, vraiment bien justement.

      Mais, j’imagine qu’elle veut des petits enfants vu comment elle me pousse à t’épouser…

      Oui mais, c’est quelque chose que tu ne pourras jamais lui offrir. Tu ne préfères pas qu’elle sache la vérité plutôt qu’elle espère quelque chose qui n’arrivera jamais ?

Sans prévenir, les premières gouttes glacées de l’averse nocturne s’écrasèrent sur nous, nous surprenant. Nous nous levons brusquement et nous mettons à courir en riant tandis que les gouttes redoublaient. Il me ramène jusque devant chez moi. Une fois de plus, il montre, sans doute involontairement, son côté attentionné. Je me penche vers lui et dépose un baiser sur sa joue trempée par la pluie. Un merci implicite.





Par Deadly - Publié dans : Cours particuliers (Gay) [Terminée] - Communauté : Lawful Drug
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